Mieux vivre au travail, c’est d’abord apprendre à mieux connaître ses attentes, ses limites, son rapport aux autres et à l’entreprise… Coachs, consultants, psys: découvrez les conseils de spécialistes pour remettre de l’harmonie dans sa vie professionnelle.

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  1. Trouver sa motivation

La plupart des gens « ignorent leurs motivations profondes », constate Hélène Vecchiali, coach et psychanalyste (1).

Après avoir été identifiés, ces différents indices doivent être classés par ordre d’importance. Dans un deuxième temps, la spécialiste propose d’examiner la situation, l’idée étant de revisiter le passé, de découvrir précisément ce qui s’est produit en soi en analysant, le plus finement possible, les paroles et les attitudes des uns et des autres, et en observant les émotions ressenties.

L’étape suivante consiste à s’entretenir avec son manager pour lui suggérer de jouer sur les leviers de motivation personnels que l’on a ainsi repérés. « Vous, et vous seul, savez précisément quel est le bon environnement qui vous convient au travail », conclut Hélène Vecchiali.

 

  1. Identifier son besoin de reconnaissance

Lorsqu’on n’obtient pas ce que l’on attend, on en conçoit souvent un sentiment d’injustice qui peut s’exprimer de trois façons différentes. La première forme est dite « distributive » et repose sur la notion d’équité : pourquoi mon collègue est-il mieux payé que moi ? La deuxième est dite « procédurale » et renvoie à l’arbitraire : sur quels critères a-t-il été augmenté, et pas moi ? La troisième, relationnelle, concerne le respect et la légitimité : non seulement mon collègue est mieux payé que moi, non seulement je ne comprends pas pourquoi, mais en plus on me dit que j’ai encore bien de la chance d’avoir un boulot !

Face à une telle injustice, avant même d’être reconnu par son supérieur ou ses collègues, il convient d’abord de se reconnaître soi-même, et ce sentiment-là s’appelle la « fierté ».Une fois celui-ci solidement arrimé, il sera alors temps de trouver une légitimation dans le regard des autres. A condition, toutefois, de savoir précisément la forme de reconnaissance que l’on recherche : parle-t-on de la reconnaissance de ses pairs saluant un travail bien fait ? Ou bien de celle d’un client ou d’un chef satisfaits, qui donne du sens à son métier et fait se sentir utile ? A chacun de se poser les bonnes questions.

  1. Tirer parti de ses échecs

Des erreurs peuvent déboucher sur des processus créatif. Il faut apprendre à tirer parti de l’échec, car « c’est lui qui fournira de précieuses indications sur la possibilité de réussir la fois d’après, de sorte que le fiasco d’aujourd’hui peut tout à fait être le succès de demain », souligne la coach Pauline Charneau.  En France, « on voit d’abord et toujours ce qui ne va pas, avant même d’envisager que cela puisse s’améliorer, poursuit Pauline Charneau. Or, se tromper, c’est aussi apprendre; c’est donc progresser. L’échec, plus que la réussite facilement obtenue, permet l’audace, la créativité et la découverte ».

  1. Mettre à distance ses émotions

Ancien cadre supérieur devenu conseiller financier, Thierry Brunel suggère ainsi d’accueillir et de réguler ses émotions en les observant de la façon la plus neutre possible. Cela afin d’éviter tout débordement affectif qui aboutit, parfois, à une perte de contrôle, préjudiciable à son image au sein de l’entreprise.  « Chacun d’entre nous peut être emporté par des émotions négatives, alors mieux vaut aller pratiquer quelques respirations profondes hors du bureau, plutôt que de craquer », relève Thierry Brunel, qui recommande un « travail personnel » d’identification de ce qui, à la maison, faisait office de norme comportementale tacite.

 

  1. Harmoniser vie professionnelle et vie privée

Selon une étude de l’institut Icma portant sur 6 000 Français, le fait de travailler chez soi menace encore plus sûrement l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale que les délais trop courts ou la pression des employeurs. Chez les artisans, professions libérales et dans les entreprises individuelles, le risque est d’autant plus élevé qu’ils ne bénéficient d’aucun garde-fou, telle que la durée maximale légale de travail.

Il faut partir de quelques indicateurs propres à chacun : temps de sommeil minimal, pratique régulière d’un sport, après-midi réservés aux enfants… On peut aussi comptabiliser la durée consacrée dans la semaine au travail, aux activités personnelles et aux contraintes de la vie quotidienne, avant d’en tirer les conséquences qui s’imposent…

  1. Cultiver l’entraide entre collègues

Contrairement ce que proclament certains spécialistes, le monde du travail est, avant tout, « un lieu de conflits, de besoins et d’intérêts divergents » entre dirigeants et salariés, rappelle Christine Jacquinot, coach et psychanalyste. Il est donc essentiel d’identifier ses attentes personnelles et d’exprimer clairement ses besoins, avant de les confronter avec la réalité de son entreprise -quitte à entrer en désaccord avec sa hiérarchie. D’où l’intérêt de pouvoir compter sur ses collègues en cas de difficulté. Encore doit-on, au préalable, être capable de demander de l’aide.

  1. Développer son réseau

L’équation est simple : « Plus un salarié développe son réseau personnel, moins il est menacé dans son activité. » Le constat se vérifie lorsqu’une réduction d’effectifs est à l’ordre du jour, par exemple, car l’image de chacun revêt alors une importance particulière. Travailleur ou dilettante, bon ou mauvais camarade, les réputations dépendent, pour une grande part, du degré de proximité avec les collègues et vous sauveront -ou vous perdront- en situation délicate. La force d’un bon réseau se mesure également lorsqu’il s’agit de développer ses projets personnels.

  1. Enrichir ses compétences

Si l’on veut expérimenter le « cercle vertueux du management », selon la formule d’Hélène Vecchiali, il faut en premier lieu valoriser ses compétences. Or celles-ci se jouent sur trois niveaux, rappelle la spécialiste : savoir-faire, savoir s’organiser et, enfin, respecter les timings.

Même s’il est mal vu en entreprise de ne pas savoir tout faire, vite et bien, mieux vaut faire preuve d’humilité et de lucidité : être compétent, c’est connaître ses talents et ses moteurs; c’est aussi faire des choix dans les tâches à accomplir, en décidant parfois d’en laisser certaines de côté. Quant aux formations que propose l’entreprise, elles sont indispensables à toute évolution professionnelle et doivent être envisagées chaque fois que l’occasion se présente, y compris celles qui semblent un peu éloignées de ses centres d’intérêt.

  1. Ne pas tout attendre de l’entreprise

Le bonheur, « lié à l’extension de la capacité de chacun à agir, commence par une insatisfaction profonde, mais aussi par un renoncement : celui d’accuser l’autre d’être responsable de ce qui nous arrive », explique le consultant Bruno Lefebvre. Quant à prétendre qu’un salarié heureux serait nécessairement performant, et qu’une entreprise performante rendrait nécessairement un salarié heureux… « On se trompe de monde, lance-t-il: depuis quand le bonheur de l’un et les objectifs de l’autre sont-ils superposables ? »

  1. Etre indulgent avec soi-même

Pour se sentir bien dans une entreprise, il faut entretenir un rapport « sain » avec les autres et le travail, de même qu’un « rapport sain avec soi-même », note Patrick Légeron, directeur du cabinet de conseil Stimulus. Dans les faits, certains salariés s’impliquent dans leur métier « jusqu’à mettre en danger leur vie affective, voire leur vie tout court », déplore le psychiatre, en allusion aux situations de burn-out ou à quelques exemples récents de suicide au travail. La solution pour sortir de cette culpabilisation étouffante? S’investir « raisonnablement », « diversifier » ses engagements personnels.

 

Source : http://www.lexpress.fr/emploi/le-bonheur-au-travail-les-10-clefs-d-un-bon-equilibre_1652372.html