Enquête sur les risques psychosociaux – Prévention du stress au travail

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Les risques psychosociaux (ou RPS) sont définis comme des éléments qui portent atteinte à l’intégrité physique et à la santé mentale des salariés au sein de leur environnement professionnel. Ces risques peuvent recouvrir différentes formes. Le stress est le plus connu, mais le harcèlement, l’épuisement professionnel et même la violence au travail en font partie. Ils sont la cause de plusieurs maux et pathologies à surveiller : insomnies, dépression, troubles musculo-squelettiques, maladies psychosomatiques, etc. L’absentéisme en est une conséquence directe et un coût pour les entreprises.

Le stress apparaît alors comme le deuxième problème de santé lié au travail le plus dénoncé en Europe. Les RPS et le stress font donc partie des principaux défis à relever dans le domaine de la santé et la sécurité au travail. Ils ont une incidence considérable sur la santé des personnes, des organisations et des économies nationales. Et l’ampleur du phénomène s’est accentuée sur les 10 dernières années. Les employeurs en Europe ont une obligation légale d’évaluer et gérer les RPS au sein de leur entreprise. Le pacte européen pour la santé mentale et le bien-être reconnaît les demandes changeantes et les pressions croissantes sur les lieux de travail et encourage les employeurs à mettre en œuvre des mesures supplémentaires, volontaires pour promouvoir le bien-être mental. Tous les collaborateurs doivent être impliqués dans la promotion d’un bon environnement de travail psychosocial et il est important qu’ils soient associés à ces enquêtes car ils connaissent le mieux les problèmes qui peuvent survenir et le fait de les associer à la démarche garantit que les mesures mises en place seront à la fois appropriées et efficaces.

L’enquête sur les risques psychosociaux (sur l’évaluation des facteurs de risques au travail) est donc un dispositif crucial d’identification, de prévention et de suivi de ces risques. Elles permettent d’estimer l’ampleur du phénomène au niveau de l’ensemble des salariés, grâce à un recueil d’informations précises sur les sentiments, les perceptions et les expériences de ces derniers. Elles présentent un diagnostic clair, sensibilisent et préconisent des axes concrets d’amélioration.

Le questionnaire d’évaluation le plus connu et celui développé par Robert Karasek (un sociologue américain) qui permet d’étudier le bien-être au travail et d’évaluer dans une certaine mesure les facteurs de risques psychosociaux.

Il comporte 26 questions : neuf au sujet de la demande psychologique, neuf sur la latitude décisionnelle, huit sur le soutien social. Des échelles de Likert à 4 modalités sont utilisées : « Pas du tout d’accord – Pas d’accord – D’accord – Tout à fait d’accord », facilitant le scoring lors du traitement des données.

L’axe « Demande psychologique » regroupe trois sous-axes :

Quantité – rapidité :

  • Q10 – Mon travail me demande de travailler très vite

  • Q12 – On me demande d’effectuer une quantité de travail excessive

  • Q13 – Je dispose du temps nécessaire pour exécuter correctement mon travail

Complexité – intensité :

  • Q14 – Je reçois des ordres contradictoires de la part d’autres personnes

  • Q11 – Mon travail me demande de travailler intensément

  • Q15 – Mon travail demande de longues périodes de concentration intense

Morcellement, prévisibilité :

  • Q16 – Mes tâches sont souvent interrompues avant d’être achevées, nécessitant de les reprendre plus tard

  • Q17 – Mon travail est très bousculé

  • Q18 – Attendre le travail de collègues ou d’autres départements ralentit souvent mon propre travail

L’axe « latitude décisionnelle » regroupe trois sous-axes :

Latitude ou marges de manoeuvre :

  • Q4 – Mon travail me permet de prendre souvent des décisions moi-même

  • Q6 – Dans ma tâche, j’ai très peu de libertés pour décider comment je fais mon travail

  • Q8 – J’ai la possibilité d’influencer le déroulement de mon travail

Utilisation actuelle des compétences :

  • Q2 – Dans mon travail, j’effectue des tâches répétitives

  • Q5 – Mon travail demande un haut niveau de compétence

  • Q7 – Dans mon travail, j’ai des activités variées

Développement des compétences :

  • Q1 – Dans mon travail, je dois apprendre des choses nouvelles

  • Q3 – Mon travail me demande d’être créatif

  • Q9 – J’ai l’occasion de développer mes compétences professionnelles

Le soutien professionnel :

Par les supérieurs :

  • Q22 – Mon supérieur réussit facilement à faire collaborer ses subordonnés

  • Q21 – Mon supérieur m’aide à mener ma tâche à bien

Par les collègues :

  • Q23 – Les collègues avec qui je travaille sont des gens professionnellement compétents

  • Q26 – Les collègues avec qui je travaille m’aident à mener les tâches à bien

Le soutien émotionnel :

Par les supérieurs :

  • Q20 – Mon supérieur prête attention à ce que je dis

  • Q19 – Mon supérieur se sent concerné par le bien-être de ses subordonnés

Par les collègues :

  • Q25 – Les collègues avec qui je travaille sont amicaux

  • Q24 – Les collègues avec qui je travaille me manifestent de l’intérêt

A côté de ce questionnaire de Karasek, il existe le questionnaire de Siegrist permettant d’évaluer la reconnaissance du travail, et de mesurer s’il existe des déséquilibres entre les efforts entrepris par le salarié et la reconnaissance perçue du collaborateur.

Certaines études réalisent conjointement ces 2 questionnaires, où le questionnaire de Karasek en entier ajouté de certaines questions de Siegrist (Type SUMER).

People Vox maîtrise parfaitement l’ensemble des aspects de ces études et peut vous accompagner dans l’administration de ceux-ci auprès des salariés de votre entreprise. Nous nous basons aussi sur l’ensemble des travaux conduits par l’INRS en la matière qui est extrêmement riche et précis.

D’autres questionnaires ont aussi été développés pour mesurer les facteurs de risques psychosociaux en entreprise comme le WOCQQ qui est une approche équivalente plus récente qui comporte un questionnement plus précis et plus opérationnel.

Les conditions de réalisation d’une enquête RPS :

  • Strict respect de l’anonymat des répondants et confidentialité dans le traitement des données.

  • Analyse non pas seulement globale de l’entreprise, mais approche détaillée par site, par direction, par fonction, par certains critères socio-démographiques permettant de disposer d’une cartographie complète des facteurs de risques psycho-sociaux des différentes populations de l’entreprise.

  • Démarche dans laquelle le CHSCT doit être associée, au minimum à titre informatif sur le questionnaire et les principaux enseignements de l’étude.

  • Le questionnaire est auto-administré : la collecte des données est réalisée de différentes façon en fonction du contexte et des objectifs de l’étude : questionnaire en ligne, questionnaire papier…